Bureau du commissaire des
incendies![]() ÉLABORATION D’UNE POLITIQUE RELATIVE À L’USAGE DU TABAC DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SOINS DE LONGUE DURÉE |
OFM-TG-03-02F
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| Mars 2002 | DIRECTIVE |
La reproduction des directives ci-dessous à des fins autres que commerciales est autorisée et encouragée. La reproduction à des fins commerciales doit être autorisée par le Bureau du commissaire des incendies de l'Ontario.
Section des normes de sécurité-incendie du BCI : (416) 325-3100
1.0 DOMAINE D’APPLICATION
2.0 CONTEXTE
3.0 CONTRÔLE DES RISQUES D’INCENDIE LIÉS À L’USAGE DU TABAC
4.0 ZONES-FUMEURS
4.1 Zones-fumeurs à l’intérieur
4.2 Zones-fumeurs à l’extérieur, sur le terrain de l’établissement
4.3 Supervision des
zones-fumeurs
5.0 APPLICATION DE LA POLITIQUE
6.0 FORMATION DU PERSONNEL
ÉLABORATION D’UNE POLITIQUE
RELATIVE À L’USAGE DU TABAC DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SOINS DE LONGUE
DURÉE.pdf
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(Lecteur Acrobat requis)
Cette directive vise à aider les propriétaires/exploitants, gérants et
membres du personnel des établissements de soins de longue durée qui
permettent à leurs résidents de fumer, à élaborer et mettre en œuvre une
politique efficace relative à l’usage du tabac. Cette directive appuie les
dispositions de la Loi de 1994 sur la réglementation de l’usage du tabac
qui s’appliquent à ce genre d’établissements.
Cette directive énumère et explique les mesures de base à respecter pour
prévenir les risques d’incendie liés à l’usage du tabac dans les
établissements de soins de longue durée et précise les responsabilités des
propriétaires/exploitants, des membres du personnel, des résidents et des
visiteurs, quant au respect de ces mesures. La directive met aussi l’accent
sur la sensibilisation du personnel, des visiteurs et des résidents aux
précautions nécessaires dans l’usage et le contrôle des produits du tabac.
Les endroits désignés où les résidents sont autorisés à fumer (zones-fumeurs
à l’intérieur ou à l’extérieur) devraient être meublés de façon appropriée
et présenter des caractéristiques de résistance au feu permettant de réduire
autant que possible le risque d’incendie. Il faut surveiller les résidents
qui se trouvent dans ces zones-fumeurs et leur fournir des moyens de
protéger leurs vêtements afin d’éviter qu’ils n’y mettent le feu en fumant.
Cette directive contient aussi quelques suggestions quant aux mesures à
prendre lorsque des personnes refusent de se plier aux règles et mesures de
sécurité en vigueur concernant l’usage du tabac.
Cette directive a été élaborée par le
Bureau du commissaire des incendies de l’Ontario, le ministère de la Santé
et des Soins de longue durée de l’Ontario et l’Ontario Long-Term Care
Association, avec la collaboration des associations suivantes : Ontario
Association of Non-Profit Homes and Services for Seniors, Ontario
Association of Fire Chiefs, Ontario Municipal Fire Prevention Officers
Association et Ontario Residential Care Association.
Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario reconnaît
les besoins des résidents qui fument, et soutient les établissements qui
autorisent leurs résidents à fumer dans des conditions contrôlées. Cette
directive vise à aider les propriétaires/exploitants, gérants et membres du
personnel des établissements de soins de longue durée qui permettent à leurs
résidents de fumer, à élaborer et mettre en œuvre une politique efficace
relative à l’usage du tabac.
Tous les établissements de soins de longue durée qui autorisent leurs
résidents à fumer dans l’établissement doivent avoir une politique écrite et
détaillée relative à l’usage du tabac. Ce document doit identifier
clairement la portée de la politique et préciser les responsabilités de
chacun : propriétaire/exploitant, personnel, résidents et visiteurs. Cette
politique doit identifier les endroits où il est permis de fumer
(zones-fumeurs) et ceux où c’est interdit, et doit préciser les exigences
minimales à respecter afin de maintenir la sécurité dans les zones-fumeurs.
Cette politique doit être révisée tous les ans, ou plus souvent si des
changements dans la composition de la population ou des besoins des
résidents le justifient.
Ce document doit aussi préciser la formation que le personnel doit recevoir
en rapport avec l’usage du tabac dans l’établissement. Il est préférable
d’intégrer cette formation au plan de sécurité-incendie de l’établissement.
Enfin, cette directive vise à faciliter l’élaboration de procédures
permettant de réduire les risques d’incendie liés à l’usage du tabac dans
les établissements de soins de durée. Comme il s’agit d’une directive, elle
permet aux personnes qui l’utilisent d’adapter les procédures préconisées
aux besoins de leur propre établissement. Toutefois, une fois qu’elles font
partie d’un plan de sécurité-incendie, ces procédures doivent être
approuvées par le responsable de la sécurité-incendie (chef des pompiers de
la municipalité ou son représentant autorisé) aux termes de l’article 2.8.1.
du Code de prévention des incendies de l’Ontario, et le défaut de les
appliquer peut donner lieu à des poursuites. Le responsable de la
sécurité-incendie doit également approuver toute modification ultérieure de
ces procédures.
Même si cette directive a été élaborée spécifiquement pour les
établissements de soins de longue durée, les mesures de prévention et les
principes de sécurité qu’elle préconise pourront être utiles à d’autres
établissements de soins.
Les fumeurs et l’imprudence dans l’usage des produits du tabac sont à
l’origine de nombreux incendies dans tous les types d’établissements. Dans
un établissement de soins de longue durée, les conséquences d’un incendie
peuvent être d’autant plus graves que la plupart des résidents ont besoin
d’aide directe pour évacuer. Ce fait est confirmé par les statistiques : au
cours des vingt dernières années, la majorité des décès dus à l’incendie
dans les établissements de soins de longue durée résultaient de l’usage du
tabac par des résidents. Les établissements ont inclus des procédures
relatives à l’usage du tabac dans leur plan de sécurité-incendie afin de
limiter les incendies résultant de ce danger potentiel.
Le fait d’inclure l’usage du tabac dans le plan de sécurité-incendie parmi
les risques d’incendie est en accord avec l’article 2.4.3. du Code de
prévention des incendies selon lequel « lorsque les circonstances sont
telles que le fait de fumer constituerait un risque d’incendie ou
d’explosion, il ne doit être autorisé de fumer que dans des zones-fumeurs
spécifiquement approuvées
». Une « zone-fumeurs approuvée
» est une zone que le responsable de la sécurité-incendie considère
acceptable.
Le Bureau du commissaire des incendies a élaboré une directive relative aux
plans de sécurité-incendie dans les établissements institutionnels, dont on
peut se procurer un exemplaire (en anglais seulement) sur le site Web du BCI
à www.ofm.gov.on.ca/. Cette
directive relative aux plans de sécurité-incendie vise à aider les
établissements institutionnels à se conformer à l’article 2.8.1. du Code de
prévention des incendies de l’Ontario.
Une fois qu’une politique relative à l’usage du tabac est incluse dans le
plan de sécurité-incendie, le propriétaire/gérant est responsable de sa mise
en œuvre et de la formation de tous les membres du personnel relativement à
son application; il doit aussi veiller à ce que tous les résidents
connaissent les règles et procédures à respecter.
Toute politique relative à l’usage du tabac dans un établissement de soins de longue durée devrait inclure un certain nombre de pratiques exemplaires afin de prévenir les incendies tout en tenant compte des besoins des résidents. Ces pratiques sont les suivantes :
La mise en œuvre d’une politique relative
à l’usage du tabac constitue un moyen efficace de réduire les incendies
causés par les fumeurs. Toutefois, pour qu’une telle politique soit
efficace, il faut prévoir des zones désignées et des plages horaires
suffisantes pour permettre aux résidents de satisfaire leur envie de fumer.
L’aménagement de zones-fumeurs permet au personnel de surveiller les
résidents lorsqu’ils fument, dans un environnement protégé contre
l’incendie.
Le contrôle des produits pour fumeurs par le personnel est un autre moyen
efficace de prévenir les incendies accidentels causés par des personnes
fumant sans autorisation. Pour que ce contrôle soit vraiment efficace, il
faut que les résidents soient convaincus qu’ils peuvent obtenir une
cigarette et du « feu » auprès du personnel durant les heures où ils sont
autorisés à fumer. La fréquence de ces « périodes-fumeurs » doit être
établie en tenant compte des besoins des résidents de façon réaliste.
Malgré toutes les précautions prises et la surveillance des fumeurs par le
personnel, des accidents peuvent se produire. Par exemple, si la personne
qui fume laisse tomber sa cigarette, elle peut mettre le feu à ses vêtements
et souffrir de brûlures graves. L’utilisation d’un tablier ignifuge est un
moyen efficace de réduire ce risque. L’obligation de porter un tablier
ignifuge pour fumer doit s’appliquer à tous les résidents, quelles que
soient leurs capacités, afin que cette pratique soit généralisée à toutes
les personnes qui fument au sein de l’établissement, à l’intérieur comme à
l’extérieur.
Les résidents « sous oxygène » qui souhaitent entrer dans une zone-fumeurs
doivent faire l’objet de précautions additionnelles. En effet, comme la
concentration d’oxygène accélère la combustion, il est essentiel de fermer
les bouteilles d’oxygène et de les laisser à l’extérieur des zones-fumeurs.
Le personnel doit savoir qu’il est possible que les cheveux et les vêtements
des personnes « sous oxygène » restent saturés d’oxygène pendant un certain
temps après la fermeture de la bouteille d’oxygène. Les tabliers de fumeurs,
même s’ils protègent le torse, ne couvrent pas la tête ni les bras. On
trouvera des renseignements additionnels concernant la saturation en oxygène
et les mesures à prendre à ce sujet dans les normes CSA Z305.12-98, Guide
for the Safe Storage, Handling, and Use of Portable Oxygen Systems in Home,
Domiciliary, and Healthcare Settings et CGA P-39-2003, Oxygen-Rich
Atmospheres.
L’information des personnes qui visitent les résidents est impérative pour
prévenir les risques d’incendie liés à l’usage du tabac dans les
établissements de soins de longue durée. Il faut avertir les visiteurs que
l’établissement a une politique de restriction de l’usage du tabac et qu’il
n’est permis de fumer que dans certaines zones désignées. Il faut aussi les
aviser qu’ils doivent s’abstenir de donner directement des cigarettes ou
autres produits du tabac aux résidents, parce que le personnel contrôle
cette distribution.
Il faut remettre un exemplaire de la politique relative à l’usage du tabac
aux résidents lors de leur admission dans l’établissement, ainsi qu’à leurs
familles. Il faut expliquer les mesures de sécurité à cet égard aux
visiteurs à leur entrée dans l’établissement ou afficher les consignes pour
les fumeurs à un endroit bien en vue à l’entrée du bâtiment. D’autres
rappels à ce sujet doivent être affichés à divers endroits stratégiques dans
l’établissement, par exemple à proximité des portes d’ascenseurs, aux
entrées des ailes du bâtiment où se trouvent les chambres ainsi que dans les
endroits réservés aux visites. On remettra un exemplaire de la politique aux
visiteurs qui en font la demande.
Des panneaux d’interdiction de fumer doivent être posés à divers endroits.
L’utilisation de pictogrammes facilitera la compréhension des consignes par
les visiteurs et les résidents.
Il ne doit être autorisé de fumer qu’à des endroits désignés à cet effet,
à l’intérieur ou l’extérieur selon le choix de la direction de
l’établissement. Ces zones-fumeurs doivent contenir une quantité minimale de
combustibles et doivent être conçues afin de faciliter la supervision par le
personnel, d’inciter les fumeurs à faire preuve de prudence et de réduire
les risques d’incendie pouvant mettre en danger les résidents. De plus, les
mesures de prévention-incendie mises en œuvre par le personnel réduiront le
risque qu’un incendie éclate à ces endroits.
Les zones-fumeurs doivent offrir les caractéristiques et meilleures
pratiques suivantes à l’égard de la sécurité-incendie.
(a) Norme de l’UFAC (Upholstered
Furniture Action Council),
(b) Norme NFPA 260, « Standard Methods of Test and Classification System
for Cigarette Ignition Resistance of Components of Upholstered Furniture –
1998 Edition »,
(c) ASTM E 1353-90, « Standard Test Methods for Ignition Resistance of
Components of Upholstered Furniture »,
(d) Bulletin technique 116 de Californie (TB116), « Requirements, Test
Procedure and Apparatus for Testing the Flame Resistance of Upholstered
Furniture ».
La supervision des zones-fumeurs peut typiquement être confiée à une
seule personne. Néanmoins, dans le cas il y a plus de 20 fumeurs à la fois à
un moment quelconque, il faut envisager d’assigner un deuxième membre du
personnel à la supervision. Il faut aussi prêter attention aux risques
d’accident lorsqu’il y a beaucoup de monde dans la zone-fumeurs.
Une fois établie, la politique relative à l’usage du tabac s’appliquera à
tous les résidents et visiteurs. Il est essentiel d’en aviser les visiteurs
parce que leurs actions peuvent contribuer à l’imprudence des résidents qui
fument.
Lors de l’admission initiale d’une résidente ou d’un résident dans
l’établissement, on évaluera soigneusement ses habitudes éventuelles de
fumeur. Par la suite, une évaluation de suivi trimestrielle permettra de
déceler tout changement dans les risques associés à chaque résident qui
fume, en conservant un dossier à ce sujet pour consultation ultérieure.
Cette évaluation devrait être plus fréquente pour tous les résidents qui
enfreignent les règles et procédures de la politique relative à l’usage du
tabac.
Quels que soient les contrôles en place concernant la restriction des
articles pour fumeurs à la disposition des résidents, certaines personnes
parviendront à se procurer ces articles auprès d’une source non contrôlée.
Le personnel doit prêter attention à tout indice indiquant que certaines
personnes ne respectent pas les règles et procédures concernant l’usage du
tabac. Il peut s’agir, par exemple, de trous de cigarettes dans les
vêtements d’un résident, de traces de brûlure sur les meubles, de mégots ou
autres articles de fumeurs jetés ailleurs que dans les zones-fumeurs ou
d’une odeur de tabac ailleurs que dans la zone-fumeurs, surtout dans les
chambres et dans les toilettes.
Il faut consigner par écrit tous les incidents dans lesquels il y a eu
infraction à la politique relative à l’usage du tabac. Ce dossier aidera le
personnel à déceler les comportements ou habitudes nécessitant des mesures
correctives. Lorsqu’il est constaté qu’un résident a enfreint les règles et
procédures applicables aux fumeurs, il faut incorporer des mesures de
précaution dans son plan de soins.
Pour être efficace, une politique relative à l’usage du tabac doit préciser
les mesures que la direction et le personnel de l’établissement prendront en
cas d’infraction aux règles et procédures prescrites. Voici un exemple
de ces mesures.
En cas d’infraction à la politique relative à l’usage du tabac, le
personnel prendra les mesures suivantes:
| RÉSIDENTS |
| VISITEURS |
Il est important de remettre à chaque membre du personnel un exemplaire
de la politique de l’établissement relative à l’usage du tabac et d’afficher
cette politique à un endroit où le personnel pourra la consulter facilement.
La politique doit être examinée par tous les membres du personnel dans le
cadre de leurs séances annuelles de formation continue et expliquée aux
nouveaux embauchés au moment où ils prennent leurs fonctions. Une procédure
doit être en place pour rappeler les mesures prévues par la politique aux
membres du personnel qui y dérogeraient et pour documenter ce genre
d’incidents.
La politique relative à l’usage du tabac doit être présentée à diverses
occasions, notamment lors des réunions du conseil des résidents et des
rencontres d’information des familles. La direction devrait également
réexaminer cette politique dans le cadre du manuel du programme de
l’établissement de soins de longue durée.
Le personnel doit être formé à l’utilisation des couvertures anti-feu afin
d’aider les résidents à appliquer la technique d’extinction « arrêtez,
jetez-vous par terre, et roulez » dans le cas où leurs vêtements prendraient
feu. Il est tout aussi important que le personnel chargé de la supervision
des zones-fumeurs apprenne à se servir d’un extincteur.