blank space Fire Marshal's Communiqué; Fire Marshal's Communiqué;        
Le 24 Octobre 1996

Symbole de nombre96-035

PARTIR OU RESTER?
MARCHE À SUIVRE LORS D’UNE URGENCE-INCENDIE DANS LES IMMEUBLES RÉSIDENTIELS À LOGEMENTS MULTIPLES (BÂTIMENTS BAS ET TOURS D’HABITATION)

(Diffusion externe)

L’incendie meurtrier du 2, rue Forest Laneway, en janvier 1995, a engendré beaucoup de débats quant aux mesures appropriées que devraient prendre les occupants et occupantes des immeubles résidentiels à logements multiples en cas d’incendie. Se fondant sur leur expérience personnelle, des personnes et des autorités ont dans bien des cas adopté une position très ferme selon laquelle les occupants et occupantes devraient soit "partir", soit "rester". Le présent Communiqué; vise à fournir des renseignements qui sont pertinents aux deux côtés du débat et à aider les services des incendies à adopter une marche à suivre uniforme dans toute la province.

Peu après l’incendie, le Bureau du commissaire des incendies (B.C.I.) a formé un groupe d’étude qu’il a chargé de mettre au point la marche à suivre la plus appropriée aux urgences en cas d’incendie dans les immeubles résidentiels. Le groupe d’étude comprenait des représentants et représentantes de services des incendies, d’organismes gouvernementaux et d’autres associations et organismes. Après avoir examiné de façon approfondie des incendies résidentiels qui se sont produits dans de nombreuses régions administratives et après avoir tenu compte de tous les facteurs, les membres du groupe d’étude se sont entendus sur une marche à suivre uniforme relativement aux urgences en cas de feu; ces méthodes ont par la suite été publiées dans la brochure intitulée Les incendies dans votre immeuble. Ce document a été distribué aux services des incendies en même temps que le Communiqué; n° 95-014, lequel portait la date du 15 mai 1995.

En plus de prendre les mesures ci-dessus, le B.C.I. a consulté des autorités à travers le Canada et au niveau international. La marche à suivre décrite dans la brochure est généralement en accord avec celle qui a été adoptée dans d’autres régions administratives. En 1996, la réunion annuelle du Canadian Council of Fire Marshals and Fire Commissioners (CCFM/FC) (conseil canadien des commissaires des incendies) s’est tenue à St-Jean, à Terre-Neuve, du 14 au 19 juillet; on y a adopté à l’unanimité la motion suivante sur la marche à suivre pour fins d’évacuation des tours d’habitation : "... que le conseil appuie la position adoptée par le Bureau du commissaire des incendies (Ontario) quant à la question de partir ou de rester". De plus, il a été recommandé de faire connaître la position du conseil relativement à cette question à d’autres organismes appropriés et par l’entremise de ces derniers.

De façon générale, il est plus sécuritaire pour les occupants et occupantes d’être à l’extérieur d’un immeuble durant une urgence-incendie qu’à l’intérieur. Les tours d’habitation modernes sont construites à partir de matériaux non combustibles et offrent un degré relativement élevé de sécurité en cas de feu. Cependant, des conditions d’incendies graves et prolongées ainsi que d’autres facteurs inhabituels peuvent annuler certaines des caractéristiques de sécurité-incendie de l’immeuble. De plus, certaines anciennes tours d’habitation peuvent renfermer des matériaux combustibles et d’autres peuvent ne pas être munies de systèmes de sécurité-incendie modernes. Les occupants et occupantes qui restent longtemps dans leur appartement peuvent donc être en grand danger. Aussi, les services des incendies peuvent avoir de la difficulté à effectuer tant le travail d’extinction de l’incendie que de sauvetage d’un grand nombre d’occupants et d’occupantes, si les ressources sont limitées.

Certaines de ces préoccupations ont été illustrées lors d’un récent incendie qui s’est produit dans une tour d’habitation, à Chicago. Le feu a commencé dans un appartement du cinquième étage, s’est propagé à un appartement situé de l’autre côté du couloir, puis au sixième étage en passant par l’extérieur de l’immeuble, avant d’être éteint par le service des incendies. Deux personnes sont mortes dans l’appartement de l’autre côté du corridor et une troisième dans le couloir du sixième étage. De plus, une résidente est morte après avoir sauté de l’immeuble pour échapper au feu. Le service des incendies a secouru environ 80 occupants et occupantes au moyen d’échelles aériennes. Les ressources totales de l’opération de sauvetage comprenaient 21 compagnies de véhicule d’extinction, 10 compagnies de camion d’incendie, une escouade de sauvetage, 5 chefs de bataillon et 16 ambulances. Bien des régions de l’Ontario n’ont pas ce genre de ressources.

La plupart des incendies sont rapidement confinés par les services des incendies : le fait que les occupantes et occupants soient évacués ou non n’influe donc pas de façon significative sur la sécurité des vies humaines. Dans des conditions d’incendie plus graves cependant, les occupants et occupantes n’ont qu’une «fenêtre de possibilité» étroite durant laquelle ils peuvent évacuer les lieux en sécurité. Une fois cette possibilité passée, les personnes doivent rester dans l’immeuble jusqu’à ce que l’urgence soit terminée ou jusqu’à ce qu’on vienne les secourir. C’est pourquoi tous les occupants et occupantes qui sont aptes devraient commencer le processus d’évacuation immédiatement lorsqu’ils entendent l’alarme. Si cela n’est pas possible, ils devraient commencer à prendre des mesures de "protection sur place". Pour rappeler aux occupants et occupantes les mesures les plus efficaces à prendre durant une urgence-incendie, on devrait se servir des autocollants spéciaux à apposer aux portes sur lesquels figure le message suivant : Si vous entendez l’alarme de feu et que vous ne pouvez pas quitter votre appartement.

Les circonstances entourant un incendie étant différentes dans chaque cas, les occupants et occupantes doivent décider "de partir ou de rester" en fonction des conditions qui règnent au moment où l’alarme est donnée. Pour prendre une décision éclairée, ils doivent avoir toute l’information nécessaire. Le présent Communiqué; s’accompagne de renseignements qui sont destinés à aider les occupants et occupantes dans le processus de décision. Veuillez mettre cette documentation à la disposition des résidents et résidentes de votre collectivité. Encouragez aussi les gestionnaires d’immeubles à diffuser régulièrement cette documentation et d’autres renseignements sur la sécurité-incendie à tous leurs locataires. Ils peuvent adopter cette pratique par le biais du programme de sécurité-incendie.

Pour appuyer les mesures d’urgence appropriées à prendre en cas de feu, l’enquête sur l’incendie de Forest Laneway recommandait aussi qu’on place des affiches spéciales en divers endroits, partout dans les tours d’habitation. Le B.C.I. a conçu des affiches recommandées à cette fin. Des exemples de ces affiches accompagnent le présent Communiqué;. L’affiche n° 1 s’installe partout dans les escaliers d’issue, de façon à rappeler aux occupants et occupantes qu’il n’y a pas d’issue menant au toit. L’affiche n° 2 peut être placée dans les escaliers, là où ils se prolongent sous le niveau d’issue. L’affiche n° 3 peut se placer en des endroits stratégiques, dans les couloirs et les escaliers. Veuillez encourager les gestionnaires d’immeubles à adopter ces affiches ou des messages semblables dans toutes les tours d’habitation à appartements multiples, comme élément de leur programme de sécurité-incendie. De plus, vous devriez encourager les gestionnaires d’immeubles à afficher des mesures d’urgence dans des aires clés comme l’entrée principale, les salles de lavage, les ascenseurs et autres endroits que les occupants et occupantes de l’immeuble fréquentent souvent. Cela donnera davantage d’occasions à tout le monde de se familiariser avec ces renseignements.

Le B.C.I. continue de réunir des renseignements sur les mesures à prendre lors des urgences-incendie auprès de diverses administrations régionales, de par le monde. Les services des incendies recevront tout renseignement pertinent dès qu’on le connaîtra.

En cas de question, veuillez communiquer avec votre bureau régional du commissaire des incendies.

Pièces jointes

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